Chapitre 5

C'est impossible je dois rêver. Bill ? C'est bien Bill que je vois, là ? Ce jeune homme, ce beau jeune homme au visage d'ange, ces yeux pétillants, si captivants, cette démarche assurée, c'est Bill ? Le Bill que j'ai vu tout à l'heure ? Le Bill fatigué aux yeux fuyants, aux traits tirés, si peu sûr de lui dans les pas qu'il faisait ... c'était bien lui ? Je n'en crois pas mes yeux. Je reconnais pourtant Tom derrière, donc pas d'erreur possible. Je ne savais pas qu'ils étaient connus ... et la transition entre le « Bill d'avant » et le « Bill d'après » m'effraie...
Je retrouve comme par enchantement l'usage de mes jambes et pars me coucher, la tête vide, et le c½ur serré. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais trop rien.
La mélodie de la chanson et les images du clip repassent en moi comme un disque que l'on aurait mis en boucle.
Je ne saurais pas l'expliquer mais je trouve ce clip d'une beauté incroyable, et les paroles, je ne les ai pas toutes compris vu que j'ai pris la chanson en route, mais celles que j'ai comprises ... je les trouve magnifiques.
Je finis finalement par m'endormir, le c½ur toujours aussi lourd que lorsque je suis montée me coucher.
Dix heures. Voilà ce qu'affiche mon réveil. En réalité je suis réveillée depuis plus de deux heures, mais je n'avais pas dénié bouger d'un centimètre. J'avais l'impression que mon cerveau s'était consumé pendant la nuit ; je pensais à Bill, sans réellement y penser en fait, car j'avais perdu toute capacité à réfléchir. Je décide de me lever, pour aller prendre mon petit déjeuner. C'est ce que je fais puis je pars me recoucher directement. A peine plongée dans mon lit, je suis réveillée par la sonnerie de mon portable. C'est une amie à moi, Céline. Elle aussi elle m'a beaucoup aidé durant la période où je n'allais pas bien.
-Allô ?
-Saluuuuuuuuuuuut ! Ca va ?
-Ca va et toi ?
-Ben ça va bien. En fait c'était pour savoir ce que tu faisais aujourd'hui.
-Ah aujourd'hui je suis vraiment désolée mais j'ai rendez-vous avec quelqu'un, mais t'inquiète on se prévoira un truc où tu viendras ... j'aimerai bien te voir ça fait longtemps
-Ouais ... dis !! T'as rendez-vous ?? Avec un ... garçoooon ?
-Oui dans le mile !
-IL EST BEAU ??!
-Roh tout de suite toi alors ! Ben ça va ... ça va même très bien en fait !
-Roh la chance ... fais des photos, hein !
-Nan t'as cru ! je garde ! A mouha à mouha à mouha !
-Meuuuuh nan t'es pas gentille !!
-Bon on verra ... allez je te laisse je vais redodoter un peu là ...
-Ok ! salut salut !!

Ah la la j'en attendais pas moins d'elle ! Direct avec un garçon elle demande s'il est beau ! Bah, je sais que c'est pas ce qui l'importe principalement chez un mec, c'est l'essentiel, après, je me prête facilement à son jeu. Par contre je pense que Bill serait plus de son goût. Enfin bref, je décide de ne pas tergiverser là dessus, et me plonge dans mes draps, relevant la couverture jusqu'à mon menton. Dormir en position f½tale, la couette remontée au possible et la tête bien calée dans l'oreiller ... c'est quelque chose que j'adore. Ainsi je me sens ... protégée.
Je me réveille deux heures et demi plus tard. Ca y est maintenant le temps que je fasse à manger je vais être en retard ! Tout moi ça ... Bon, je me lève rapidement de mon lit puis me dirige vers le frigo. Aujourd'hui ça sera sandwich, j'ai pas envie de me casser le fion. Je l'engloutis en quelques minutes à peine ; puis je repars dans ma chambre pour préparer mes affaires. Je m'habille simplement : un jean, déchiré au niveau des genoux et deux hauts superposés. Mon excentricité se fera dans le maquillage. Le maquillage des yeux plus précisément. Je suis de ceux qui pensent qu'on peut exprimer beaucoup de choses à travers le regard. Moi, mes yeux sont le miroir de mes sentiments. Depuis le temps, j'ai pris l'habitude ; mes yeux sont cernés de noir, avec un effet de dégradé au dessus de mes paupières et dans les coins extérieurs de mes yeux. Un coup d'eyeliner et le tour est joué !
Midi et demi. Bon ... finalement je serai en avance. Nan ! Pas question, j'ai pas envie de faire la pommée toute seule dehors ! Tant pis, je glande. Pendant que je cherche désespérément une manière de m'occuper, mon regard se pose sur un album photo. Je le prends puis décide de me connecter sur MSN, ça fait longtemps que je n'y suis pas allée. Instantanément, plusieurs personnes viennent me causer, toutes plus adorables les unes que les autres, me demandant des nouvelles, me disant que ça fait du bien de me revoir connectée ... Puis un pseudo attire mon attention : '°Oo.Bill Tom ! vs etes ou ? On sinkiete ts pr vous keski se passe ... ?!?.oO°' Euh ? Une fan ? Ouais ok ... je pense que ça doit être ça, parce que quand j'ai ouvert sa fenêtre, elle avait une photo de Tom en image perso. « On s'inquiète tous » ? Il y a beaucoup de fans d'eux en France ? Je ne pense pourtant pas vu qu'ils se promenaient normalement quand je les ai vus hier ... ah si il y avait quand même cette voiture aux vitres teintées. Bon c'est pas grave, je vais pas me torturer l'esprit avec ça !
Entre mes diverses conversations, je feuillette l'album photos, m'arrachant parfois quelques sourires. Dedans se trouvent des photos de moi petite, sur certaines je suis seule, sur d'autre je suis accompagnée de mon grand frère, sur d'autres je suis avec Matthieu ... Ah non !! Faut que je remplisse ma fiche personnelle de réinscription, j'avais complètement oublié !
Je ferme donc l'album, me mets sur « occupé(e) » sur MSN puis prends la fiche en question :
NOM : Karino
Prénom : Reila
Classe(s) redoublée(s) : (rayer la réponse inutile et préciser si besoin) : OUI (2nde SMS) NON
Profession des parents : Mère : Avocate
Profession des parents : Père : Légionnaire
Frères et s½urs : Aucun.
Chapitre 5

# Posté le lundi 11 décembre 2006 15:57

Chapitre 6

Chapitre 6
Voilà c'est torché ! Ce genre de questionnaire m'énerve au plus haut point, je dois les refaire, encore et toujours, années après années. Bon, je ne vais pas me laisser contrarier pour si peu. Il est treize heures, j'éteins mon ordinateur, ferme la maison puis me dirige vers la gare. J'arrive à la gare à treize heures vingt et j'ai un train à vingt-deux. J'arrive vers 50 à la gare, il me faut dix minutes de marche alors c'est bon je serai pile à l'heure !
J'arrive à la hauteur du MacDo et vois Tom qui m'attend, adossé à l'entrée. Je lui fais un petit signe de la main qu'il repère très vite.
-Coucou !
-Salut. Tu vas bien ?
-Ca va, ça va. J'ai failli être en retard puis en avance puis j'ai cru là que je serai en retard finalement !
-Rien que ça, me dit-il en souriant, tu veux qu'on fasse quelque chose de particulier ?
-Ben non enfin comme tu veux quoi.
-Tu sais que ça m'avance pas ce que tu dis ...
-Oui je sais, je suis une chieuse profonde, tu t'en rendras compte après !
-J'suis mal barré moi encore ...
-Eh ouais !! ... ça te dit qu'on aille au parc pas très loin ? Il est assez joli ... et puis, je ne veux pas non plus trop faire d'efforts ...
-Ah je comprends, t'inquiète pas de toute façon je te raccompagnerai jusque chez toi ce soir.
-Hein ??

-Il est où le parc ?
Et c'est ainsi qu'on se mit à marcher en direction du parc. Une fois arrivés, on se posa près d'un grand arbre et on commença à causer.
-Hey au fait ... j'ai vu un truc à la télé hier soir ...
-T'as vu quoi ?
-Je t'ai vu toi. Avec Bill. Et d'autres garçons aussi.
-...
-Tom ?
-Je voulais pas que tu saches, on est venu en France pour que personne ne nous emmerde en fait et ...
-Ben désolée si je t'emmerde ...
-C'est pas ce que je voulais dire ! En Allemagne on est connus de partout. Quand on a vu que Bill allait de plus en plus mal, on a envisagé avec mes parents de s'installer dans un pays où on serait pas connus, pour éviter de faire des « vagues ». Seulement, on pouvait pas aller dans un pays à l'inconnu comme ça, surtout que mes parents eux ne pouvaient pas bouger d'Allemagne. Alors Gustav, Georg, Bill et moi on s'est installés chez un des oncles de Georg. Comme je me doutais qu'on y resterait, j'ai appris le français du mieux que je pouvais, durant quatre mois. J'ai pris un correspondant téléphonique et tout le reste qui va avec ... Bill, lui, ne voulait pas s'avouer qu'on resterait sûrement en France alors il est resté avec ce qu'il savait en français sans se poser plus de questions ...
-Ah ok je vois ... c'est compliqué quand même comme histoire.
-Ouais ... enfin bon ça me fait peur ... ça fait une semaine que plus personne n'entend parler de nous, là-bas. Je suis sûr que plein de rumeurs se sont déjà construites ...
-Tu t'en fous ! Pour le moment le plus important c'est Bill ! Laisse l'Allemagne et les emmerdes qu'il y a là-bas, ça t'handicapera plus qu'autre chose.
-Ouais je sais bien ... mais j'ai peur de pas tout pouvoir assumer. J'ai peur de ce qu'il va se passer, de ne pas savoir justement comment ça va se passer. Peur que ça soit trop dur à supporter en fait.
-C'est sûr, ça sera pas facile. Je sais très bien que les gens qui étaient autour de moi ont beaucoup soufferts ... principalement mes parents. Mes amis très proches aussi, comme Matthieu que t'as vu hier. Mais c'est grâce à eux que je m'en suis sortie ; dans ces maladies, le plus important c'est le moral. Après y'a la santé bien sûr, la façon dont on réagit au traitement ... mais si tu n'as pas le moral, rien ne marchera.
-Ouais ... bon tu sais quoi ? J'ai plus très envie de parler de ça, mais merci de m'avoir dit tout ce que tu m'as dit.

Je lui réponds d'un petit sourire. Je pense que le fait d'avoir vécu le cancer fait qu'il a plus confiance en ce que je lui dis. Je crois bien que là il a compris ce que j'ai tenté de lui faire comprendre.
On se met ensuite à causer de choses variées. Je lui cause de ma passion, entre autre la musique et plus particulièrement encore, le visual kei. J'apprends que lui est un fan de hip hop.
Le vent se lève soudain, un petit frisson nous parcourt quand Tom dit sue nous ferions mieux de changer de place. On se lève donc, voulant chercher une autre place.
-Aïeuuuuuuuuuu !!
Et un ! Et deux ! Et trois mar-rons ! y'a aucun marron qui tombe et obligé les trois seuls qui tombent il se les prend sur la tête !
-Hiiiiiiiiii t'es trop fort !!
-Putain j'aime pas les arbres français !!
-Tu vas pas me dire que y'a pas de marronnier en Allemagne ?!
-Si mais eux, je leur plais, ils m'agressent pas !

Finalement, on s'était mis sous un autre arbre, en contresens du vent.
Je continue à parler avec lui, cependant je sens que la fatigue me gagne. Mais je n'ai pas envie de le quitter. Enfin je me suis fait un ami depuis mon cancer, et je veux le garder. Oh, je sais très bien que si je lui explique ma fatigue il me laissera partir, là n'est pas le problème ; C'est juste que ça fait longtemps que je n'ai pas passé une telle journée, et donc j'aimerai la prolonger au maximum. Pourtant à un moment, Tom remarque ma fatigue et me propose de me raccompagner chez moi. Je refuse en lui disant que je vais très bien, que c'est par période que ces fatigues se produisent mais qu'elles ne durent jamais très longtemps.
-Allez viens ! je vois bien que t'es fatiguée, je te raccompagne chez toi !
-Non ! J'ai pas envie de partir de là. Ma mère restera une bonne partie de la nuit au bureau et mon père est en mission ... et j'ai pas envie de déranger Matthieu, donc j'ai envie de rentrer le plus tard possible pour avoir à supporter le moins longtemps possible cette absence de vie dans la maison !
-Bon ... j't'emmène chez l'oncle de Georg.
-Quoi ??
-T'as bien compris. Allez, on trouvera une excuse pour tes parents ... et puis tu sais on te fera pas de mal...
-Mais je sais... mais attends, je veux pas m'imposer non plus ! Je débarque comme ça de nul part et ... je squatte ?! C'est pas trop dans ma mentalité ...
-Tu préfères que je vienne chez toi ?
-Non plus ! Si ma mère te voit en pleine nuit à la maison ... tu risques fort de perdre ton anatomie servant à la procréation si tu vois ce que je veux dire !!
-Procréer ? Ca veut dire quoi ? Y'a encore des mots qui me manquent ...
-En gros elle te vire et elle te castre par la même occasion, lui dis-je en me marrant comme c'est pas permis.
-Ah ... bon ben j'préfère que tu viennes toi alors !
-Mais Tom t'es bouché ou tu le fais juste exprès ?
-Je sais que tu veux pas venir ... mais là je te laisse même pas le choix, j'te kidnappe !

-T'as cruuuuuuuuuu, lui répondis-je en tentant de me relever pour me sauver. Malheureusement la tentative ne se passe pas comme je l'aurais voulu. Mes jambes ne suivent pas vraiment, alors je reste finalement assise, un peu honteuse de ce que je viens de faire. Je baisse la tête, sentant mes joues s'empourprer par la gêne.
Tom lui se lève, il pose ses mains sur ma taille puis me relève, avec autant de facilité que de douceur.

# Posté le dimanche 17 décembre 2006 12:46

Chapitre 7

Chapitre 7
[ Tom lui se lève, il pose ses mains sur ma taille puis me relève, avec autant de facilité que de douceur. ]

De toute façon j'avoue qu'il n'a aucun mal ... j'ai perdu quinze kilos sur une très courte période, ce qui m'amène à un poids de quarante-trois kilos pour 1m70. Oui on pourrait croire que je sors de l'hôpital pour cause d'anorexie, mais il n'en est rien. Il m'entraîne doucement en direction de l'arrêt de bus. Il veut donc réellement m'emmener chez lui ?!
-Ne t'inquiète pas, c'est pas long, il n'y a que quatre arrêts.
Le bus arrive et nous montons dedans (nan vous restez comme des cons à attendre le prochain ! XD) Je m'installe sur un siège et Tom prend celui qui est juste à côté de moi. Finalement j'aurais peut être dû lui dire quand je me suis sentie fatiguée, car là j'ai l'impression que je ne pourrais jamais décoller mes fesses du siège. Machinalement je pose ma tête sur son l'épaule, c'est quelque chose que je suis habituée à faire, avec Matthieu. Il passe son bras autour de mes épaules, me permettant ainsi de mieux me caler. Je crois qu'il joue également avec une de mes mèches car je sens de temps à autres quelques cheveux qui viennent me caresser la joue. Ca m'énerve de ne plus être capable de ressentir ce qu'on peut me faire ...
-Reila, on descend au prochain.
-Ah, euh d'accord.

Je me relève du mieux que je peux et entreprends de me lever. J'ai du mal mais j'y arrive. Tom et moi descendons donc audit arrêt et nous commençons à marcher jusqu'à leur appartement. Nous ne marchons que quelques minutes puis Tom m'indique un bâtiment assez grand, qu'il me décrit comme étant celui de « l'oncle de Georg ».
J'essaye de paraître la plus éveillée possible avant de passer le pas de la porte, je me passe une main sur le visage, puis rouvre mes yeux à une taille qui n'indique pas ma fatigue.
Tom sonne et attend que quelqu'un vienne nous ouvrir. La porte s'ouvre et laisse apparaître un homme assez grand, d'une quarantaine d'années je dirais ... bon ! Je pense que c'est l'oncle ! (Bravooooo !)
Tom lui explique rapidement qu'il aimerait m'héberger pour la nuit car je ne peux pas rentrer chez moi. L'homme accepte sans contre-indication et me laisse entrer. Les regards se posent instantanément sur moi ; Je vois Bill les yeux écarquillés et deux autres personnes que je suppose être Georg et Gustav avec un air interrogateur. Tom entame une conversation en allemand avec eux. Je ne comprends pas tout mais j'ai saisit en gros qu'il disait que je suis une amie à lui, que je dormirai ici ce soir, que je suis « la fille dont il leur a causé hier »
Je suis trop exténuée pour chercher à comprendre ce qu'ils se disent. Un des deux garçons dont j'ignore précisément l'identité s'approche de moi, et me dit dans un français maladroit qu'il va me montrer la chambre où je me reposerai. Il me prend par la taille et moi, je le suis sans me poser trop de questions.
Je m'installe dans le lit qu'il me prépare vite fait, mais bien fait et m'endors instantanément.
Quand enfin je me réveille, je ne comprends pas tout de suite où je suis ; puis je me rappelle ma fatigue, Tom qui m'emmène chez l'oncle de Georg, cet homme qui m'aide à monter jusqu'à cette chambre ... Bon ! Je vais pas rester là quand même !
Je sors de cette pièce et descends les escaliers, sans même avoir ne serait-ce qu'une petite idée de l'heure qui l'est. Je me guide aux bruits qui me parviennent, et me retrouve dans le salon, interrompant une conversation apparemment mouvementée ; les garçons m'aperçoivent et se stoppent net. J'entrevois le regard fuyant de Bill ; il baisse la tête ... et merde je choisis toujours le mauvais moment pour faire mes apparitions moi.
-Heu ... bon Tom, j'crois que je vais remonter !
-Non, ça serait bien que tu restes justement, me dit l'oncle.

La voix grave de cet homme me résonne dans la tête et me met mal à l'aise ... il s'en démarque une telle froideur !
Je reste donc là où je suis, avant que l'on ne me demande de les rejoindre près du canapé où Gustav Georg et maintenant Bill se sont assis. Seuls Tom et l'oncle sont restés debout.
-Hey Stéphane ! Elle a peut être envie de se reposer, tu y as pensé à ça ?
-Ah oui c'est vrai ... pardonne moi, euh Laïla c'est ça ?
-Reila, avec un « R » au début !
lui répondis-je encore une fois vexée qu'on écorche mon nom mais sans rien laisser paraître et avec un sourire de « commercial » comme on dit
-D'accord ... en fait voilà, nous aurions quelques questions à te poser, pour répondre à celles que Bill se pose.
-Ben y'a aucun problème, je serai là pour répondre si y'a besoin. Si Bill veut venir me causer je ne l'en empêche pas, je sais que c'est pas forcément facile d'aller parler à des inconnus mais il faut qu'il sache que je ne me permettrai pas de porter de jugement sur lui.


POV Bill :
Pourquoi ? Pourquoi cela m'arrive-t-il à moi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas à un autre ? Pourquoi ce genre de choses existent-elles ? Pourquoi ... Pourquoi je me pose tant de questions auxquelles je ne trouverai jamais de réponse ?
Perdu dans mes pensées j'entends une voix. Une voix qui me dit qu'elle est prête à m'aider, du mieux qu'elle pourra. Moi je m'en veux. Je m'en veux d'être aussi faible, de causer tant de soucis à tout le monde. Au fond si je n'existais pas, tout aurait bien mieux été pour tout le monde.
J'ai la tête qui tourne, le c½ur prêt à lâcher. Mes yeux se portent sur cette jeune fille que j'admire tant, cette jeune fille qui a apparemment réussi à s'en sortir et qui, même si ce n'est pas le cas, arrive à profiter de chaque instant, chaque seconde. Leb' die sekunde ? Cette phrase me parait tellement dérisoire à ce moment précis ...
Je rabaisse mes yeux, trop honteux de moi, sans même connaître la cause de cette honte.
L'envie de crier, de partir, de pleurer, de m'effondrer, de perdre pied... ne serait-ce qu'une fois.
Tant de questions dans ma tête et si peu de réponses ... et cette sensation de ne plus pouvoir réfléchir, d'avoir le cerveau complètement saturé, je ... j'en ai marre !


Il baisse les yeux. Je la connais tellement bien cette réaction, elle faisait partie intégrante de moi avant. J'avais honte. Honte de mon aspect, honte de la manière dont je raisonnais, honte de ma faiblesse, honte de mon caractère, honte de moi. Même si je ne le connais pas, je me sens proche de Bill. Certaines personnes trouveront ça normal, d'autres non. Qu'importe.
La phrase que je vient de dire laisse comme un blanc parmi nous, je sens la fatigue revenir, ce que le jeune homme blond fait apparemment remarquer à Tom. Gustav. Voilà donc son nom, que Tom vient de me dire. L'autre homme doit donc être Georg. Tom monte les escaliers avec moi et me conduit dans cette chambre où je me trouvais tout à l'heure. Il me demande si ça me dérange s'il ouvre la fenêtre. Je lui réponds que non, sans trop comprendre pourquoi il souhaite l'ouvrir. La raison m'apparaît finalement très vite ; ils sort un paquet de sa poche, puis en sort une cigarette qu'il allume tout en s'accoudant à la fenêtre. Des Rothmans... eh ben ! Y'en a qui se font pas chier ! C'est ce que je fumais avant ... Sept euros le paquet et encore, c'était des courtes ! Mais c'est les meilleures cigarettes que j'aie jamais goûté aussi ...
-Tu sais tu peux fumer en dehors de la fenêtre.
-Nan mais ... voilà quoi, j'suis pas persuadé que c'est conseillé pour toi. Et puis l'odeur peut gêner.

Il m'a dit cette phrase sans se retourner, sa voix a quelque chose d'étrange, que je n'aime pas ...
-Je ne vais pas restée cloîtrée toute ma vie, il va bien falloir que je ressorte, que je re-fréquente certains endroits, et je sais que dans certains de ces endroits y'aura des fumeurs ... en plus les clopes que tu fumes c'est celle que je fumais avant.
Il ne dit rien, je sens qu'il hésite à se rapprocher. Finalement, il éteint la cigarette sur le rebord de la fenêtre. Il passe sa manche vers son visage mais c'est finalement sa main qui vient se passer dans ses cheveux, faisant mine de les remettre en arrière. Pourtant je pense que le vrai but de ce geste n'était pas de remettre convenablement ses cheveux... Il s'approche de moi et mon doute se confirme : il a les yeux légèrement clos et brillants. Il se laisse tomber sur le rebord du lit, malgré l'obscurité je devine facilement son regard vide, fixant un point quelconque. Un silence pesant s'installe, j'avoue que je ne sais pas quoi faire ; moi j'ai toujours été dans le cas de celle qui subissait directement et non pas indirectement comme Tom qui constitue « l'entourage du malade »...

POV Tom
Et maintenant, je fais quoi, moi ? Je suis là, sur le rebord de ce lit à ne plus savoir où j'en suis, à avoir envie de hurler, de pleurer même ... ça faisait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé d'ailleurs. Bon, je vais bouger. Ca ne me sert à rien de rester là à ne rien faire, immobile. Putain qu'est ce que je peux être inutiles des fois ... affolant. J'ai même pas la force de me lever pour partir, même pas la force de garder un tant soit peu de dignité, même pas la présence d'esprit de retenir mes larmes. Mes larmes ? Oui, sans m'en rendre compte je me suis finalement mis à pleurer. Bon, quitte à perdre de ma dignité, autant ne pas la perdre entièrement, je me casse !
Juste au moment ou je tente de me lever une main vient se poser sur la mienne, puis vient entrelacer ses doigts dans les miens. Je me retourne vers Reila. Elle a fermé ses yeux. Sans trop savoir pourquoi je tente encore de me relever, puis je sens ses doigts me serrer plus fort ce qui m'en dissuade. Je la regarde une seconde fois ; cette fois-ci elle a rouvert ses yeux et a dans le regard une expression qui ne me plaît pas : de la tristesse.
Je me laisse glisser pour finalement avoir ma tête posée sur son ventre. Elle lâche son étreinte pour venir passer son bras autour de mon cou et poser sa main sur mon épaule. De son autre main elle caresse doucement mes cheveux. J me sens mieux, bien même. Je me sens protégé par cette fille pourtant encore si fébrile. Egoïstement je voudrais que cela dure encore ...
C'est sans un mot et peu de temps après que je finis par m'endormir.


Ahhh putain de réveil ! Quoi ? Y'a pas de réveil ? Merde mon portable ! Bon, shit hein, qui que ce soit il rappellera !
Après ce court monologue j'ouvre enfin les yeux. Je sens une odeur qui m'est inconnue mais qui n'est pas pour me déplaire ... je relève la tête et vois le visage de Tom, endormi. Il est mignon quand il dort, il fait des espèces de petits sifflements !! J'avais remarqué déjà hier, il s'était endormi et moi j'avais cherché pendant dix minutes l'origine de ce sifflement avant de m'endormir ... bref ! J'ai pas envie de me lever ! Tom m'a encerclé de ses bras : une de ses mains se trouve sur ma nuque, appuyant ma tête contre son torse et l'autre se trouve sur ma hanche.
Je me sens bien mais ... j'ai envie de le faire chier ! Je me relève et m'approche de son oreille puis pousse un de mes cris stridents comme je sais bien le faire. Il sursaute ; ça a marché !
-Putain t'es malade qu'est ce qui t'as pris ??
-Ouh je vois que tu aimes pas être réveillé dis moi !
-Ben si mais les jolies filles c'est pas la manière dont j'aime qu'elles me réveillent !
-Les jolies filles ? Putain t'es pas réveillé coco ... t'aimes que ces filles te réveillent comment ?
-Je suis parfaitement réveillé avec ce que tu viens de me faire ... j'aime qu'elles me réveillent en douceur !
-Je ne suis pas douce !!
-Pourtant hier tu l'étais ...
-Oui mais hier c'était exceptionnel j'étais très fatiguée ! Et quand je suis fatiguée je deviens gentille.

Il ne me répond rien et se contente d'appuyer sa tête contre la mienne. J'avoue que ça ne me déplait pas !
Nous ressortons des bras l'un de l'autre une heure plus tard et descendons rejoindre les autres.
L'ambiance est tendue, tous nous regardent comme si l'on avait convoqué Satan dans notre chambre... notre ? Mais oui c'est ça ! Tom n'a pas quitté ma chambre de la nuit alors ils croient ... Putain quels boulets ma parole !
C'est Stéphane qui coupe le silence : « Et sinon ... qu'avez-vous fait de beau hier soir ? » Je retiens un rire ... La façon dont il dit ça c'est ... y'a pas de mot : trop marrant !!
-T'es trop con ...
Ben ? Pourquoi il a dit ça comme ça ? C'était pas méchant sa question et pourtant Tom vient de l'envoyer bouler d'une manière magistrale.


______________________________________
Bon, voilà. J'espère que vous êtes contents jvous ai mis un chapitre un peu plus long que les autres :P

Je vais peut être même vous mettre un autre chapitre là XD

BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !
BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !
BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !BON NOËL A TOUS !

# Posté le dimanche 24 décembre 2006 13:02

Chapitre 8

Chapitre 8
POV Tom :
Putain mais qu'il est con ! S'imaginer qu'on a fait des trucs dans la chambre ... nan mais il se prend pour qui ? Il ME prend pour qui ?? Je ne profite pas des femmes comme ça moi ... Ouais, en fait je me rends compte que c'est exactement ce que je faisais en Allemagne... Génial ! Je suis en train de me révolter contre moi-même là en fait. Je devrais aller m'excuser auprès de toutes celles à qui j'ai fait ça en rentrant. Bon laisse tomber autant sillonner l'Atlantique à la nage les pieds et les mains attachés.
Et puis d'abord pourquoi ça m'a mis tellement en colère cette phrase ? D'ordinaire ça m'aurait plutôt fait sourire en repensant à ce qui se serait passé la nuit ... oui mais là il ne s'est rien passé. C'est ça qui me met en colère ? J'avais envie ? Non. Je suis amoureux ? Nooooooon, merde !! Tom putain tu te fais des idées c'est juste une fille adorable qui t'a offert son amitié. Et puis je ne veux plus m'attacher. Je ne veux plus. Plus depuis « elle », elle qui m'a tant fait mal, elle qui m'a détruit, elle qui a laissé des cicatrices inaltérables dans mon c½ur. Jamais plus je ne tomberai amoureux d'une femme.
Je suis où là au fait ? Ah cette rue je la reconnais, c'est la rue voisine à l'appart' de Stéphane. Ma main ... elle me fait souffrir. Je lève donc ma main à la hauteur de mon visage, des décharges électriques parcourent mon bras endolori par la douleur. Elle est en sang. Qu'est ce que ... j'ai fait ? Ah oui, j'ai tapé dans la vitre, la faisant éclater en morceaux, dans un accès de colère que je ne m'explique toujours pas. Des petits débris de verres sont incrustés dans la paume de ma main, ils me font mal, ma main tremble. Réaction normale aurait été de les retirer avec l'autre main. Non. Moi je serre. De toutes mes forces. Le sang coule, s'écoule ... comme mes larmes. Oui, moi, moi qui ai théoriquement tout pour être heureux, une famille, des amis, un groupe, des fans ... soi-disant un beau physique... je me retrouve au milieu d'une rue à genoux, des larmes coulant à flot de mes yeux clos désireux de ne plus jamais s'ouvrir et ma main que je serre, toujours plus fort, sans pouvoir m'arrêter.


Je cours. Mais où ? Où est-il ? C'est ça que je veux savoir, moi ! Bientôt cinq minutes que je cours dans tous les sens pour le retrouver. Lui, Tom. Mais qu'est ce qui lui à pris ? Pourquoi il a réagi comme ça ? En fait je m'en fous. Tout ce que je veux savoir c'est où il est à l'heure actuelle ; le reste on s'en occupera après.
Ca y est, je l'aperçois, il est agenouillé au sol, la tête baissée et le corps surmonté de spasmes on dirait. Je cours vers lui et me laisse tomber à ses côtés, exténuée par ma course. Et je le vois, là, en larmes devant moi sans que je ne puisse rien faire. Il a sa main gauche qui saigne ; je l'enveloppe de ma main, délicatement, pour ne pas lui faire plus mal que ce qu'il doit avoir maintenant. Il tourne la tête sur cette main que j'ai apposée sur la sienne puis esquisse un sourire que j'ai du mal à comprendre. De sa main intacte il me relève en me prenant par la taille puis me sert contre lui. Fort. J'entremêle la main que j'avais posée sur lui tout à l'heure avec la sienne, niche ma tête dans son cou puis agrippe de toutes mes forces son T-Shirt de ma main restante.
Combien de temps restons-nous là, dans les bras l'un l'autre ? Une minute ? Dix ? Une heure ? Je n'en sais rien. Quand enfin nous nous détachons, ses larmes s'étaient arrêté de couler pour laisser place à un léger sourire.
-Tom ?
-Oui.
-Je ... tu veux pas qu'on sorte cet après-midi ?
-Si tu veux. Tu veux aller quelque part en particulier ?

Il avait dit ça sans détacher son regard du mien. Normal me direz-vous, quand on est poli on parle aux gens ans les yeux. Mais là ce n'était pas pareil. Il avait un de ces regards qu'on dit « transperçants ».
-Ben ... j'aimerai bien aller au parc d'attraction ... mais comme y'a beaucoup de monde et que t'as l'air d'être co...
-On ira.
-T'es sûr ?
-Oui, par contre il faudra que tu me guides je ne sais pas du tout où il y'en a un.
-En fait il suffit de prendre le RER et on y sera très vite.
-Ok, pas de problème. Alors on mange vite et on y va tout de suite après, d'accord ?

En guise de réponse je lui adresse un de mes plus beaux sourires.
Une scène aux allures de drame vient de se passer et nous on discute comme si de rien n'était d'aller dans un parc d'attraction...
On rentre donc à l'appart', l'histoire de tout à l'heure semble vouloir être étouffée et ça a l'air de convenir à Tom, qui va directement prévenir Stéphane de notre petite sortie de cet après-midi. Soudain je pense à quelque chose : Pourquoi on emmènerait pas tout le monde là-bas ? Bill Tom, Georg, Gustav et moi ? Ca serait une bonne occasion d'apprendre à se connaître non ? Je fais part de mon idée à Tom qui la trouve très bonne. Nous voilà donc partis en direction de ... Disney !
-Hey vous allez où ?
-Ben au train là ! Ton truc qu'il faut prendre pour se rendre dans le parc ! me répond Gustav avec un air d'incompréhension.
-Coco, je sais pas comment c'est en Allemagne, mais ça m'étonnerait que les transports soient gratuits, alors en fait pour aller au train faut d'abord qu'on prenne un ticket.
Il ne m'a pas compris ... il tourne la tête vers le côté droit et me regarde comme ... un petit chien ! J'trouve ça trop mignon en plus ...
Pour qu'il comprenne mieux, en guise de réponse plus simple, plus courte, et moins rapide je lui assène :
-Tickets !
-Ahhhhhhh okayyye !
“Okaye” d'accord pas de problème coco ! Je suis morte de rire intérieurement mais je ne le montre pas.
Nous arrivons finalement à destination sur les coups de 13 heures. J'ai toujours trouvé le principe des lunettes noires con, surtout pour des gars comme Bill et Tom : un mec avec un lion sur la tête et un gars avec des dreads, et qui sont connus, c'est pas des lunettes qui vont les cacher ! Enfin bref. Seuls Gustav et Georg portent des lunettes noires de tailles moyennes, et Gustav a une casquette en plus ; Bill n'est pas maquillé et a les cheveux attachés, il ne porte également pas ses bijoux car pour un parc d'attraction c'est pas pratique tout ce qu'il a ... Tom quant à lui a mis un jean un peu moins large que d'habitude, si j'ai bien compris la réaction des autres, et il s'est attaché les cheveux avec un élastique ... mouais je garantis pas qu'on tombe pas sur des fans tout de même.
Bien sûr nous sommes confrontés à l'interminable queue qui précède l'entrée des attractions. J'ai jamais trop aimé attendre mais là, j'avoue que c'est agréable : il y a une vraie ambiance, tout le monde cause. Eh oui tout le monde ; j'arrive à faire parler et même à faire rire Bill avec nous. J'avoue que je ne suis pas peu fière.
Sans que je ne m'en rende bien compte, Tom a posé sa tête sur la mienne, passé son bras autour de moi et enserrés ses doigts des miens pour finalement les mettre dans ma poche.
-Un vrai petit couple !
Merde ... je me souviens plus comment on dit « ta gueule » en Allemand.
-Mais tais toi donc !
-Oh c'est mignonnnn ...
-Halt die Klappe ...

Tom m'avait soufflé cette phrase dans le creux de mon oreille, ce qui me fit tressaillir.
-Halt die Klappe Gustav !
Je retourne mon visage vers la gauche, pour finalement me retrouver très près du sien. J'ai le c½ur qui bat vite. Pourquoi ?
Je m'approche plus près de son visage et l'embrasse sur la joue en lui murmurant un « merci » d'un petit air coquin. Il me sourit puis m'embrasse à son tour. Près des lèvres ...Non pas près des lèvres, éloigné de la joue !
Et c'est à ce moment que vint notre tour de monter dans l'attraction choisie
-Pour combien ?
-Cinq !
-Cinq ? ah un coup d'chance venez.
On s'installe dans les compartiments, nous en occupons trois à nous seuls car les places ne sont que par deux. C'est Gustav qui se retrouve seul entre Tom et moi et Georg et Bill !
-Ahhhh j'ai peur putain !
-Mais tais toi tout va aller !
J'ai PEUUUUUUUUUUUUREUUUUU !!
-Gustav ... Halt die klappe...

Tout le monde rit un bon coup. Je sens que cette phrase va le poursuivre encore longtemps ...
Le train démarre, c'est le train fantôme. On entre donc dans un petit tunnel noir.

POV Tom :
Putain j'ai le c½ur qui bat à une de ces allures ... pourtant ça fait pas peur les trains fantômes, à chaque fois que j'y allais quand j'étais plus jeune je me marrais comme un gogolito ... nan, c'est sûr ... c'est elle. Elle qui me fait cet effet. Tom ... t'es amoureux mon pote ! Et en plus je cause avec moi même ... Bon, ben si je suis amoureux autant me lancer. Allez j'y vais !

# Posté le dimanche 24 décembre 2006 13:24

Modifié le mercredi 21 février 2007 07:26

HORS FIC ACTUELLE --> Un remake du "Film aux 11 oscars"

Alors voilà ... ce soir, ou plutôt, hier soir, car nous nous trouvons à une heure avancée de la nuit maintenant, j'allais sur un blog magnifique qui est Boku-Sama. Et un de ses textes m'a particulièrement inspirée.

Ca m'a fait plaisir d'écrire, c'est quelque chose que j'aime, et je suis un peu en manque d'inspiration pour écrire sur mes fics, aussi nombreuses soient-elles.

Là, j'ai fait une histoire pas forcément simple à comprendre, aussi bien du point de vue de la situation que des sentiments ... je vous laisse seuls maîtres pour la juger.

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Dans une rue avide de toute particularité, se trouvait un homme. Enfin, un homme, pas exactement. Son corps s'était transformé par la douce loi du temps en celui d'un homme mais son esprit criait la tristesse comme un enfant déchu de la chose à qui il tenait le plus.
Enfant malheureux, enfant qui est triste, enfant qui a pleuré. Enfant qui ne pleure plus. Pour tout jamais ... ?
Enfant accueilli par une rue glaciale, rue reflétant dans sa plus grande perfection le c½ur de ce jeune enfant à l'enveloppe adulte.
Le vent caressait son visage fin, lui donnant l'étrange impression et le doux apaisement qu'il aurait pu s'envoler s'il le désirait. Un banc s'offrait à lui. Froid, également. Il s'assit et d'un geste qu'il connaissait par c½ur sortit cette chose si douce qui soi disant le détruisait mais qui en réalité lui amené la plus grande douceur qu'il soit. Une poignée de secondes suffit alors pour qu'il coince une cigarette entre ses lèvres et qu'il l'allume. Une cigarette, deux cigarettes, trois cigarettes, dix cigarettes, vingt cigarettes. Plus de cigarette. Et merde.
Il resta encore, quelques instants à regarder la lune qui s'offrait à lui. Cette lune si ronde qui lui donnait l'impression d'être si proche de lui, et pourtant si éloigné. Un sourire étrange s'affichait sur ses lèvres. Ses lèvres usées d'avoir subi l'écoulement des larmes, usées d'avoir tant été déposées sur le manche de cette guitare, usées d'avoir tant murmuré comme tant hurlé son nom. Son nom ...
Il passa justement sa langue sur ses lèvres, qui, de manière bien étrange étaient chaudes. Brûlantes même. Ce geste lui rappela instantanément une multitude de souvenirs. Ces fois où ils marchaient main dans la main, provoquant chez les autres la surprise et chez lui le bonheur. Leurs baisers, aussi passionnés que tendres. Leur première fois, cet instant où il s'était senti plus fort que jamais, sentant le poids du monde s'échapper de ses frêles épaules.
Des paroles de chansons lui revinrent également en mémoire, sans qu'il sache réellement pourquoi. « Cette douce chaleur te tient en laisse. Par la corde saigne. Toute petite, petite bouche aime l'ingestion : ça mousse au fond. Ta chair est nue. Bois, tu l'emplis. Enfant caresse le. » Le sourire déjà présent s'élargit de plus belle. Sourire contenant énormément d'émotions. Trop d'émotions ... Amertume, joie, nostalgie, tristesse, amusement, mélancolie ... Trop.
Le vent lui parut soudain glacial, le contact avec sa peau ne l'apaisa plus, bien au contraire. Ses genoux tremblèrent, cédèrent. Son corps entier le faisait souffrir, mais, il ressentait une profonde douleur, plus forte, plus distincte que nul part ailleurs. Il avait mal a son c½ur. Les larmes coulaient, s'écoulaient le long de ses joues, comme elles ne l'avaient pas fait depuis si longtemps, pour finalement venir s'écraser sur ses mains désespérément agrippées au macadam ou sur le macadam lui même. « Un, deux genoux rentrent dedans, le sol est mou. » Il avait l'impression qu'à chaque larme versée il se vidait un peu plus de toute protection qu'il s'était construite autour de son c½ur meurtri par les blessures. Ca suffit, il ne voulait plus. Il ne voulait plus souffrit, plus revivre ce qu'il avait vécu, la souffrance, la douleur ... assez ! Assez !!
Assez ...
Péniblement il attrapa son canif, qu'il gardait toujours dans une des poches de son pantalon. D'un geste de rage indéfini, il coupa une de ses nombreuses dreads locks. Mais pas n'importe laquelle. Il l'avait bien choisie. Celle qu'il avait faite avec lui, celle qu'il lui avait faite. Sa première dread locks mais surtout, sa première dread locks faite avec lui.
Son souffle s'apaisa, couper cette partie de ses cheveux l'avait soulagé, aussi étrange cela puisse-t-il paraître.
Il emprunta cette route qu'il connaissait si bien. Il l'emprunta d'un pas las, indéterminé, « Tout devient lent [...] sous les cris, sous la terre, l'âme saoule » Des brides de la chanson dont été extraites les paroles venues lui incendier la mémoire passaient en boucle dans sa tête. En même temps, ils pensaient à plusieurs évènements passés dans sa vie. Il pensait qu'il était seul. Si seul. Depuis qu'il l'avait quitté, depuis qu'il l'avait abandonné, à la merci de tout le monde. Lui, son seul repère, sa protection contre ses soi disant personnes, des « parents » lui a-t-on dit que ça s'appelait ; il l'avait laissé. Quelque part, même s'il s'efforçait d'affirmer à corps et à cris qu'il n'avait jamais nécessité une telle chose ... il aurait bien aimé savoir ce que c'est, l'amour des parents. « A nos pères qui êtes absents... Délivrez-nous du mal... »
Lui, il lui avait dit de prier Dieu. Dieu, cet être soi disant le plus pur du monde et pourtant si exécrable d'impureté pour le jeune homme depuis la mort de celui qu'il aimait. « Je vous salue Marie, pleine de grâce. » Cette chanson, c'est fou comment elle représentait sa vie, se dit-il alors.
Ce n'est qu'après une longue marche qu'il arriva à l'endroit désiré. Lentement, il monta sur le rebord. Ce rebord qu'il avait tant haï. Plusieurs questions vinrent à son esprit. Il les chassa très rapidement. Il ne voulait plus de questions, il voulait partir. Partir, quitter ce monde, ce monde sans lui, qui n'avait plus aucune couleur, plus aucune saveur pour lui. Il sortit quelque chose de sa poche. Quelque chose de banal. Un bracelet. Mais ce bracelet, c'est le bracelet qu'il avait porté avant de le laisser, et que le jeune homme avait récupéré.
Il avança donc un pied, puis l'autre. Ce n'était pas encore assez pour tomber. Alors il s'abandonna. Il s'abandonné à ce supplice désiré depuis tant de mois, le supplice de tomber, de se sentir partir, ailleurs ...
Tout d'abord il eut froid, la transition fut rude, un mal de tête vint le prendre, mais il s'estompa rapidement.
Il ne fut prit d'aucune envie de recul lorsque l'air lui manqua et que l'eau s'engouffra dans ses poumons. Il revivait. Oui, sa mort le faisait revivre. Contre son c½ur, il tenait serré une chose, le bracelet. « Il Crache ses plaies. Poupée chiffon... La nuit est sourde. Samantha s'en va. J'attends mon tour. Dorment les cris. J'ai emprunté ton corps, je te le rendrais un peu cassé. »
Lorsqu'il perdit connaissance, le bracelet entama une lourde et longue descente, rappelant faussement cette tragique odyssée appelée « Titanic ». A une différence près : Dans cette Tragédie, les deux amoureux se retrouvent séparés par la mort. Là, la mort a permis à Tom de récupérer sa seule et unique raison de vivre. Bill ...







Paroles de chanson : ETHS, Samantha
HORS FIC ACTUELLE --> Un remake du "Film aux 11 oscars"

# Posté le mardi 26 décembre 2006 20:32