Chapitre 11« Ah ! Ca fait mal ! PUTAIN BILL ! »
« Ta bouche. » répondit l'intéressé de sa petite voix fluette.
C'est vrai, ça faisait mal. Très mal. Beaucoup plus mal que Tom ne l'avait imaginé. Bill passait et repassait le peigne sur ses cheveux, et à chaque va et viens, Une profonde douleur se propageait dans la tête du petit garçon. Encore plus lorsque Bill remontait le n½ud à la racine. Ses amis riaient bien de la situation, mais Tom, lui, ne riait pas du tout. Il avait plus envie de pleurer qu'autre chose. N'empêche, ça commençait tout de même à prendre forme. Plus que quelques mèches, et la tête serait finie. Il avait très mal, mais la perspective du résultat l'enjouait totalement. Et puis de toute façon, il n'allait pas demander à Bill d'arrêter, alors qu'il restait simplement quelques mèches. Il aurait eu l'air stupide, avec sa têtes remplie de dreadlocks, mais avec ses trois mèches lisses qui se battent en duel, de surcroît. Il souffrit encore quelques minutes, puis son martyre s'acheva enfin. Il était fier du résultat, tout autant que Bill. Il ne cessait de tourner et de retourner la tête devant la glace, comme un pantin désarticulé. Ce qui faisait rire tout le monde. Pour remercier Bill, il ne trouva pas autre chose que de lui sauter au cou, en les faisant tomber à terre, sous les éclats de rire de tous. D'ailleurs, Bill avait « avoué » à ses amis, son véritable prénom. A sa grande surprise, ils réagirent comme Tom, trouvant ça stupide, mais sans porter de jugement blessant.
« Hé les gars ! J'ai une idée ! »
Tom craignait le pire. Les idées de Julio n'étaient pas forcément les meilleures à suivre.
« Ca vous dit pas qu'on va à Quebrada ?? »
Quebrada ... il avait perdu la tête ou quoi ?
« Non. » répondit simplement Bill.
« Pourquoi non ? » demanda Julio, déçu.
« Ca m'fait peur. » répondit simplement le jeune garçon.
« Alleeeeeeez ! » insista Julio. « Ou sinon on a qu'à voter. Comme on est 7 c'est bien ! »
Tom hésitait. Quebrada lui faisait à lui aussi très peur, mais quelque part ça l'attirait. Cependant, lors du vote, il préféra voter 'non'. Joan les suivit, lui et Bill, mais malheureusement, la majorité était tout de même contre eux. Ils iraient donc à Quebrada ce soir, malgré le stress apparent de Bill. Tout avait été orchestré à la notre près. Ils se retrouveraient, cette nuit, à 3 heures pile sur leur rocher de la plage. Ensuite, ils se dirigeraient vers le rocher de la Quebrada, et feraient ce qu'ils avaient à faire.
« Boooon, il fait quoi Bautista là ?? »
« Il s'appelle Bill ! » corrigea Tom.
« Oui ben désolé, mais moi ça fait trois ans que je l'appelle Bautista quoi ... » se défendit Julio.
« Il va venir vous pensez ?? » demanda Uriel.
« J'sais pas ... il avait vach'ment peur tout à l'heure ! » répondit Leal.
« Taisez vous il arrive ! » coupa court Julio.
Et effectivement, Bill arrivait. L'air pas très rassuré, et pas pressé non plus, mais il arrivait tout de même. Ils étaient tous en maillot de bain, de toute manière les nuits à Acapulco sont loin d'être froides.
Ils ne marchèrent pas très longtemps, à peine une dizaine de minutes, et arrivèrent au grand rocher. C'était parfait, ils étaient tous partis faire la fête, même ceux qui trainassent là d'ordinaire. Bill s'approcha craintivement du bord, et baissa la tête. Une pâleur monstrueuse vint se peindre sur son visage. Non, il ne sauterait pas, c'était la seule chose de sûre de la soirée. Il sentit une main sur son épaule et se retourna violemment. Dans a précipitation, il perdit l'équilibre et manqua de tomber en arrière. Mais par chance, Tom eut le réflexe de le tirer du plus fort qu'il put, ainsi, Bill fit une chute, certes, mais sur Tom, et non pas sur un rocher pointu qui l'aurait dépecé.
« Bill tu m'écraaases ! » geint Tom.
A son grand étonnement, Bill ne se releva pas, il s'affala même un peu plus sur son ami en s'agrippant à ses épaules. Tom ne comprenait pas.
« Qu'est ce que t'as ? » demanda-t-il simplement.
« J'ai ... cru que t'allais m'pousser ... » répondit Bill difficilement.
Derrière, ils riaient tous de la peur de Bill. Et Tom commençait sérieusement à saturer de leurs conneries.
« CA SUFFIT ! VOUS ETES COMPLETEMENT DEBILES ! SI VOUS VOULEZ JOUER LES CLAVADISTAS PROFESSIONNELS, LIBRE A VOUS, MAIS MOI ET BILL ON SAUTERA PAS ! » balança-t-il, usant tout l'air que ses poumons contenaient et même plus.
Tous étaient médusés par l'ampleur de la voix de Tom, et n'osaient plus dire mot. Seul Julio reprit son sang froid et s'avança témérairement au bord de la falaise. Les quatre autres le suivirent, se plaçant à ses côtés pour observer la future scène.
« J'ai peur ... » souffla Bill comme pour lui même.
Tom l'avait entendu, mais ne répondit rien. Lui aussi avait peur. Bill avait un mauvais pressentiment, il le ressentait, et il ressentait le même également.
Julio s'étira quelque peu, sourit victorieusement et sauta. Son cri retentit en échos jusqu'à ce qu'il touche l'eau, dans le plus grand « PLOUF » que personne n'ait jamais entendu.
« PUTAIN ! »
« IL L'A FAIT ! »
« OUAH IL EST TROP SUPER ! »
Ils s'extasiaient tous à coup de phrases telles que ça. Tous sauf un. Tous sauf Alvaro. Alvaro était un petit garçon muet, pas sourd, juste muet. Il semblait ne jamais s'amuser, et faisait parfois un peu peur à cause des expressions de son visage. Pendant que les trois compères s'extasiaient sur l'exploit de leur ami. Alvaro, le visage impassible, leva simplement le bras, en direction d'un point donné. Tom s'approcha timidement, Bill accroché à son bras. Il s'avança à la limite de la falaise, à la limite de la barrière personnelle qu'il s'était fixé, et tenta de déceler ce qu'Alvaro montrait.
« MERDE !! »
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Chapitre 12 Tom avait le souffle coupé. Sa bouche s'ouvrait et se refermait à intervalles réguliers, mais n'arrivait pas à décrocher un seul mot, à part celui qu'il venait de prononcer. Bill, lui, ne regarda pas mais comprit instantanément, vu l'état de son ami. Alvaro ? Le visage fermé, seul son corps tremblant exprimé sa crainte. Les trois autres, ils étaient toujours en train de s'extasier. Leurs cris retentissait comme des lames déchirantes à travers la nuit.
« MERDE MERDE MERDE !! » articula Tom en se laissant tomber en arrière. La tête entre les mains. « MAIS VOUS ÊTES VRAIMENT TOUS CONS PUTAIN ! » hurla-t-il finalement. Les cris d'admiration cessèrent, et un seul, Leal, eut la décence d'esprit de regarder au bord. N'observant aucune réaction, les deux autres le rejoignirent. Oh, le spectacle n'était pas bien effrayant en soit. Une simple coloration rouge, qui s'étendait dans l'eau et qui s'atténuait, pas plus signifiante qu'une minuscule goûte d'huile dans une bouteille d'eau. Mais quand on sait d'où elle vient, cette tache, ça prend tout de suite une autre ampleur. Uriel se mit à hurler, comprenant ce qui venait de se passer. Il s'agitait dans tout les sens, devenant de plus en plus incontrôlable.
« Viens. » murmura doucement mais nettement Tom à l'oreille de Bill. « On reste pas là, ça va dégénérer. »
Ils se levèrent, s'apprêtèrent à courir, mais Tom se ravisa. Et Alvaro ? Il ne réfléchit pas longtemps, l'empoigna par le poignet d'une main, Bill de l'autre, et commença à courir aussi vite qu'il put. Il se bénit intérieurement lorsqu'il entendit un deuxième cri suivi d'un deuxième fracas aqueux, à peine 30 mètres plus tard. Aucun des trois ne réalisaient réellement. Mais le plus lucide était sans aucun doute Tom. Julio avait mal calculé son coup, était tombé sur un rocher, et était mort. Mais lui, il ne voulait pas finir comme lui au fond de cet océan, coincé dans cette crique. Lui, il ne jouerai pas les clavadistas. Non, certainement pas. C'est à eux de sauter de cette falaise, à eux qui sont qualifiés de PROFESSIONNELS , et ce n'est pas pour rien.
Leur course effrénée dura une dizaine de minutes, sans arrêt. Jusqu'à chez Alejandro en fait. Ils ne prirent même pas la peine de prendre l'ascenseur, c'était au premier étage et puis, ils avaient trop peur qu'une chose inconnu les attrape et les jette dans la Quabrada. Arrivé à la porte de son ami, Tom tambourina comme un damné sur la porte, qui s'ouvrit une trentaine de secondes plus tard sur un Alejandro affolé, et qui n'en démordit pas lorsqu'il vit les trois garçons devant sa porte. Il les fit rapidement entrer, les assit dans son canapé, et leur demanda de tout leur expliquer. Ils ne pouvaient pas, pas pour l'instant. Ni Bill ni Tom ne pouvaient, et Alvaro encore moins, le pauvre. Tom fixait un point imprécis, perdu dans ses pensées. Cette image qu'il avait vu lorsqu'il s'était passé tournait comme un disque rayé dans sa mémoire.
« Ju-lio-est ...mort. » articula Alvaro.
Tom comme Bill n'avaient jamais entendu le son de la voix d'Alvaro, mais ils n'y firent même pas attention lorsque celui-ci parla.
« QUOI ? » réagit Alejandro.
« Il-il ... a s-sauté ... de la Qua...Qu-Quabrada » bégaya difficilement Tom.
« QUOI ? » réitéra Alejandro.
Et là, Bill libéra enfin ses larmes. Trop de stress, trop de tout. Tom lui pressa doucement l'épaule pour le réconforter, mais ça n'avais pas un effet mirobolant ...
« Attendez, attendez » commença nerveusement Alejandro. « Il a sauté et ... Et ? » termina-t-il sa phrase par une intonation qui ressemblait plus à une désolation qu'une question.
« Oui ... Y'avait une grosse marque de sang. »
« T'es sûr ? Non mais ... Il fait nuit, vous n'avez pas pu voir ! »
« Putain Alejia merde ! » s'emporta Tom. « C'est la Quabrada ! Jour ET nuit c'est éclairé de façon à tout voir, pour les touristes ! On a pas menti ! »
« C'est bon c'est bon » le calma Alejandro. « Il va falloir ... Calmez vous. Vous pouvez dormir ici si vous le voulez. Ou je peux vous raccompagner chez vous. »
Tom regarda Bill. Il s'était replié sur l'accoudoir du canapé, et les larmes qui s'échappaient de ses yeux pour lentement sinuer su les courbes de son visage fendaient le c½ur du petit garçon. Il avisa ensuite Alvaro. Alvaro n'avait aucune expression sur son visage, si ce n'est ses yeux, qui laissaient penser qu'il revivait la scène continuellement depuis tout à l'heure. Soudain, il releva les yeux puis commença à agiter son poignet de droite à gauche. Tom, ayant compris, se leva et extirpa un papier et un crayon du buffet.
« Je vais rentrer chez moi. Si ma mère découvre que j'étais là ... »
Tous acquiescèrent. Ils avaient tous eu plus ou moins vent de la sévérité des parents d'Alvaro. Il paraissait même que c'est eux qui l'avaient rendu muet. D'ailleurs, Bill et Tom réalisaient seulement la chose qui s'était produite tout à l'heure. Alvaro avait parlé ! Mais pour dire quelle phrase ...
« Bon les garçons, je vous laisse ici le temps que je raccompagne Alvaro chez lui. J'fais vite, d'accord ? »
Mais les deux jeunes garçons ne prirent pas la peine de répondre. Une fois que la porte eut claquée, Bill demanda :
« Tu vas rentrer toi ... ? »
« Ouais ... Si ma mère me trouve pas au lit demain, ça va être dur pour ma tête ... »
« Ah ... d'accord. »
Bill paraissait déçu.
« Euh ... tu veux venir ? »
« Où ? »
« Ben .. chez moi ... enfin je sais pas j'me suis dit que ... »
« Oui. Merci, Tom »
Tom sourit simplement, puis écrit sur une grande feuille de papier destinée à Alejandro :
« Alejia, t'inquiète pas, je suis rentré chez moi et Bill est avec moi. A demain peut être, désolé de t'avoir dérangé en pleine nuit. Tom. »
Et ils se mirent en route. Ils longèrent la plage doucement, très doucement. La mère de Tom se réveillait certes tôt, mais pas de là à se presser à une heure pareille.
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Chapitre 13Le sable frottait contre leur pied, et aussi bizarre que celui puisse paraître, ça semblait apaiser Tom. Il tenait Bill par la main. Oui, c'est con, mais il s'en foutait. Enfin, ils s'en foutaient.
« Tom ? »
L'intéressé tressaillit en entendant son prénom. Sans qu'il ne sache réellement pourquoi, il prit peur et tenta de s'enfuir. Mais Bill le retint. Il lui murmura simplement un « c'est ta mère. » à l'oreille pour le raisonner. Sa mère ? Comment Tom avait-il fait pour ne pas reconnaître la voix de sa mère ? Il leva les yeux, et aperçu bel et bien sa maman, qui descendait du haut de la plage en courant. De plus près, il put voir qu'elle avait pleuré.
« Mon chéri ... tu m'as fait peur ... » commença Simone. « j'ai eu tellement peur ... Tu as le droit d'aimer qui tu veux mon amour, mais pas la peine de sortir la nuit et de te cacher ! Mais en fait j'aimer... »
« Quoi ? Mais maman de quoi tu causes ? »
Bill balança légèrement sa main où celle de Tom résidait, pour lui faire comprendre.
« Maman ! N'importe quoi ! Bill et moi on est pas ensemble ... si j'étais pas là c'était parce que ... parce que ... »
Sa voix dérailla et se perdit dans un sanglot. Puis il expliqua tout. Tout en détails, serrant la main de Bill dans la sienne. Simone était horrifiée. Elle n'arrivait pas à le croire. Egoïstement, ce qui l'avait le plus touchée, c'est que Tom, ou Bill aurait pu finir au fond de la Quabrada, comme le deuxième malheureux. Elle prit ses deux garçons dans les bras, et rentra à la maison. Elle les installa dans son lit, et caressa doucement leurs cheveux. Tom s'était confortablement calé dans ses bras, la tête contre sa poitrine, tandis que Bill avait hésité avant de se caler lui aussi contre elle. Il n'était pas habitué à une présence féminine, et encore moins à une présence féminine et qui se comportait maternellement. Cependant, c'était agréable, il ne pouvait pas le nier. Tous tentèrent de ne pas penser à ce qui s'était produit. Tom tenta de dormir pour ça, Bill essaya de penser à autre chose. Les deux tentatives échouèrent. Soudain, le téléphone sonna et Bill fit un bond énorme. Simone passa doucement sa main contre ses cheveux, pour le rassurer, puis décrocha.
« Allo ? »
« ... »
« Euh ... Non, ne t'en fais pas. »
« ... »
« Oui mais ... en fait ... »
Simone était enbarassée. Elle ne savait pas comment formuler ses phrases sans que ça fasse trop suspect. Elle ne pouvait pas partir non plus, le téléphone n'était pas un sans-fil. Et elle ne pouvait décemment pas raccrocher au nez de son interlocuteur, dans la détresse où il apparaissait être.
« Jörg, Bill est ici, arrête de t'inquiéter. »
Ca avait le mérite d'être clair.
Ledit Bill releva la tête en un éclair. Tom, lui, ne comprenait pas grand chose à la situation. Ou plutôt, si. Il comprenait que le père de Bill avait lui aussi découvert qu'il avait découché, qu'il appelait sa mère car il était craintif mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi. Et comment aussi. Pour Tom les plus grosses pièces du puzzle commençaient à s'assembler, les pièces centrales, mais les plus petites, celles qui demandaient une minutie particulière, il était encore impossible de les assembler entre elles.
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Voilà. suite très certainement demain matin.
Kisous
Chapitre 14Une petite vingtaine de minutes plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit sur le père de Bill, furibond, apeuré, confus ...
Il empoigna Bill, et lui asséna une gifle monumentale.
« ARRÊTE ! » hurla Tom en s'accrochant au poignet de l'homme.
« Tom ça suffit, ne te mêle pas de ça ! » le rejeta Jörg.
« J'm'en mêlerai si j'veux ! C'est pas de la faute à Bill si il est mort, c'est pas de sa faute ! »
Jörg lâcha son fils, puis se retourna vers Simone. Perplexe, il la regarda dans les yeux puis lâcha :
« Pardon ? »
« Je ... Les garçons sont sortis cette nuit, et il y a eu un accident. »
Jörg se perdit quelques instants, tentant d'assimiler cette phrase.
« PARDON ?? » réitéra-t-il « Quoi Simone , QUOI ?? Il s'est passé quoi ?? »
« J'comprends rien ... » geint Tom.
« J'comprends rien non plus. » l'imita Bill.
Simone et Jörg partirent sur le balcon. Simone prenant bien soin de fermer la baie vitrée derrière elle. Les garçons n'entendaient rien, mais leurs gestes suffisaient à deviner la supposée violence des mots qu'ils avaient. Bill laissa un bâillement s'échapper, ce qui poussa Tom à proposer qu'ils aillent dormir. Ou du moins, faire une tentative. Bill accepta. Ils se couchèrent donc dans le lit de Simone et tentèrent de dormir. Aucun son ne se faisait entendre, et leurs yeux restaient définitivement ouverts, refusant de se clore.
« Tom ? »
« Ouais ? »
« Tu peux ramener tes cigarettes s'il te plaît. »
Silence. Tom repoussa la couette et partit dans sa chambre, pour revenir quelques instants plus tard, paquet en main. Il s'alluma une cigarette avec une habileté déconcertante, qu'il tendit à Bill, avant de réitérer le geste pour lui-même. D'une envie commune, ils se placèrent à la fenêtre, pour ne pas se faire découvrir. Ils fumaient. A même pas onze ans, ils fumaient. Pitoyable. Mais bel et bien réel. Soudainement la poignée s'abaissa. Merde. Ils ne pensaient pas qu'ils finiraient aussi tôt. Tom claqua le poignet de Bill, qui instinctivement laissa tomber sa cigarette. Jörg, alerté par la fumée, s'approcha du balcon pour regarder. Il ne vit évidemment qu'une seule cigarette, l'autre étant partie mourir au pied de l'immeuble, mais se sentit obligé de demander :
« Vous avez fumé ?? »
Crétin ...
« Je fume. » avoua Tom, assez froidement.
Jörg s'adressa ensuite à son fils :
« T'as pas fumé toi Bill ! »
Le petit garçon allait répondre, mais Tom le coupa en précisant que seul lui avait fumé.
« Simone ! Comment ton fils peut-il fumer sans que tu t'en aperçoives ? C'est vraiment n'importe quoi ! »
« Et toi pourquoi tu parles à ma mère comme ça ?! » s'insurgea Tom. « Ma mère elle a été toute seule depuis que j'suis né, parce que mon connard de père a pas eu le courage d'assumer leur erreur ! Depuis on vit tout les deux et elle s'est battue pour qu'on puisse vivre, alors t'as pas le droit de lui parler comme ça t'as pas l'droit ! »
« Un connard ? C'est ce que pense ta mère ? » prononça Jörg sarcastiquement
« Non. » répondit simplement Tom.
Face au silence, il poursuivit :
« C'est moi qui pense ça. Mon « père » s'est barré quand il a appris que ma mère était enceinte. Elle m'a dit qu'ils étaient jeunes et qu'elle comprenait qu'il fasse ça mais pour moi, ce gars restera toujours un CONNARD QUI SAIT PAS ASSUMER SA QUEUE ! »
C'était parti. Elle était partie toute seule, sans que Jörg ne s'en rende compte. Tom était à terre, la paume de sa main sur la joue. Il ne comprenait pas. Jörg non plus ne comprenait pas. Simone se rua sur lui, et lui donna très certainement la plus belle baffe de sa vie. Elle lui hurla de partir, de ne plus jamais s'approcher de son fils. Celui-ci s'approcha de Bill, puis tenta d'attraper sa main pour qu'ils partent.
« NAN ! Toi aussi t'es qu'un connard ! » cria Bill. « Pourquoi tu l'as frappé ? Il a raison ! Son père c'est qu'un con ! Et puis d'abord, moi aussi j'ai fumé alors t'as pas l'air bête de dire à Simone qu'elle a pas su voir que son fils fumait, parce que t'as rien vu non plus ! »
Le père de Bill ne bougea plus. Trop de paroles s'abattaient sur lui. Plus silencieusement qu'une marche funèbre*, il quitta les lieux, le c½ur plus lourd que jamais.
« Désolé maman ... désolé ... » murmurait Tom.
« Ne sois pas désolé. Je savais que tu fumais. » avoua-t-elle dans un sourire. « Tu sais, les mamans sentent certaines choses parfois. »
Tom était étonné. Il ne se doutait vraiment pas que sa mère était au courant de son petit secret. Tout comme Bill, il était tiraillé entre l'envie de poser des questions à sa mère sur cet intriguant « Jörg » et celle de se taire, de peur qu'on lui mente encore. Après tout, sa mère lui avait bien dit qu'elle lui expliquerait, un jour. Alors il attendrait. Peut être.
« Bon ... Je pense qu'on devrait aller se coucher mes chéris. On verra demain pour ...pour le reste. »
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Chapitre 15« Chéri ? »
« Oui ? »
« Où est Bill ? »
« Hm ... parti s'acheter des bonbons. »
« Et en vrai ? »
Tom ne répondit pas. Sa mère savait comment le sonder, et il ne savait pas comment parer ce fabuleux radar. Plus tard En vieillissant, peut être. Finalement, Simone conclut que si son fils ne disait rien, c'est qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Ensuite, Tom demanda à sa mère si elle était d'accord pour lui prêter son ordinateur portable. Ce qu'elle accepta.
Let me dance along dit :
Heyyy BB ! Ca va =) ? Ca fait longtemps que tu t'es pas co !Vacaciones ... muy raros ... dit :
Ben ... vacances ! j'ai pu prévenir personne ma mère m'a dit au dernier moment qu'on partait.Let me dance along dit :
où ça ? Vacaciones ... muy raros ... dit :
Acapulco Let me dance along dit :
la chance ! c'était bien ? Vacaciones ... muy raros ... dit :
mouais ... mouvementé ... très mouvementé ...Let me dance along dit :
raconte Julio est bien mort. Leal aussi. C'était lui, le second cri, le second bruit. Ca a fait énormément de bruit, entre toutes les personnes qui connaissaient les garçons. Mais aucune poursuite judiciaire n'a été engagée. Contre quoi, de toute manière ? Erreur de gamin ?
Pour Bill et moi, notre relation est devenue plutôt étrange, à vrai dire. Je m'en vais vous expliquer ce qui s'est passé. Un jour, nous étions à une soirée organisée, une sorte de karaoké. Les gens d'Acapulco ne se laissent pas abattre, c'est leur réputation. Et malgré la perte de Leal et de Julio, la vie continuait. Ma mère se trouvait sur scène, et allait chanter une chanson. C'était elle qui animait la soirée, l'ambassadrice, comme certains l'appelaient. Au tirage de la chanson, elle n'y alla pas tout de suite, mais prit finalement le micro et chanta. C'était super joli. Bill et moi on rigolait bien, en la voyant buter sur des mots. Quand elle finit, tout le monde applaudit. Elle quitta la scène puis partit se rafraîchir je pense. Ce que je n'avais pas vu, c'était Jörg qui l'avait suivie ... et le micro portable de sa robe aussi.
« Simone ... Quand est ce que tu vas lui dire ? »
« Lui dire ? LUI dire ? Jörg, il n'y a pas qu'à mon fils qu'il y a des révélations à faire, il me semble ! »
« C'est bon calme toi ... c'est juste qu'il serait temps, non ? »
« Non, désolée je ne pense pas. Comment tu veux faire ça ? Ils commencent à peine à être proches, et tu veux qu'on se pointe comme des fleurs et qu'on dise : « Alors voilà, Bill, Tom, vous êtes jumeaux ! »
A cet instant ... Je me souviens avoir regardé Bill, sans comprendre. Oui, voilà. On ne comprenait pas du tout ce qui nous tombait sur la gueule.
« Nous ne sommes que d'abominables monstres calculateurs et menteurs, mais aujourd'hui autour du café on s'est dit que la vérité ferait peut être bien de sortir ! C'est ça Jörg, c'est ça qu'il faut faire ? Non je suis désolée. Ni Tom ni Bill ne se doutent de rien, et c'est parfait comme ça. On leur dira quand ils seront prêts, pas avant. »
« Mais Simone c'est ... »
« C'est rien du tout ! La discussion est close ! »
Comme pour m'assurer définitivement ... Je demandai à Bill sa date de naissance. La même que moi. Evidemment. C'était donc ça ... Le puzzle était donc maintenant totalement assemblé. Ma mère revint, aussi naturelle qu'elle se forçait à l'être mais s'étonna des regards de l'assemblée.
« Qu ... oi. » prononça-t-elle, se rendant compte de l'échos du micro.
Jörg, il avait compris aussi. Cette ordure ... j'le déteste. Ma mère ... comment lui en vouloir. J'arrivais pas. J'arrivais plus. J'attendais cette vérité qu'elle m'avait promise depuis trop longtemps, pour lui en vouloir une fois avouée. Ou plutôt révélée.
Par la suite, tout s'enchaîna très vite. Bill demanda à son père de venir avec maman et moi. Pour rattraper le temps perdu. C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un frère jumeau dont jamais j'aurais imaginé l'existence, et qu'on a ramené à Paris, pour tenter de le connaître.
Quelle histoire de dingues ...
Let me dance along dit :
Ben dis donc ! sérieux ton histoire elle est ... bizarre. C'est fou sérieux ! ooVacaciones ... muy raros ... dit :
je sais ...mais bon qu'est ce que tu veux lolLet me dance along dit :
en plus t'as l'air différentVacaciones ... muy raros ... dit :
?Let me dance along dit :
Plus mûr.Vacaciones ... muy raros ... dit :
ah ... ptêtre XDVacaciones ... muy raros ... dit :
Bon je quitte, ma mère veut travailler. @+Let me dance along dit :
@+++Et il se déconnecta. Il laissa place à sa mère, puis partit s'allonger sur le lit qu'ils partageaient maintenant en commun avec Bill. Il ne put s'empêcher de faire le point sur ce qui lui arrivait. C'était tout bonnement incroyable. Dans les deux sens qu'il voyait au terme.
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Chapitre 16
Sans rien dire, il prit ses clés et partit dehors. Il n'alla pas bien loin. Il eut juste à parcourir quelques mètres. Il s'assit simplement conte la rambarde du RER et observa. Il se fit observé, aussi. Des gens passaient, tout comme d'autres stagnaient. Des dizaines de touristes qui prenaient la tour Eiffel en photo, des gens sortant du RER et prenant leur « pause-clope » un voyeur qui reluquait une jeune fille dans le dos de Tom ... oh oui, il y en avait à observer.
« Tu fais quoi ? »
Tom baissa ses yeux doucement. Tellement perdu dans ses pensées qu'il n'avait pas senti son frère se planter devant lui. Ce dernier posa ses avants bras sur les cuisses de Tom, et le scruta, attendant une réponse.
« Je regarde. » répondit-il simplement.
« J'peux regarder avec toi ? »
« Bien sûr. »
Et ils restèrent là, partageant un simple moment qui n'appartenait qu'à eux. Puis ils rentrèrent chez eux. Enfin, non. Ils envisagèrent de rentrer. Mais firent volte-face à l'entrée de leur appartement.
« Je veux un piercing. »
« Moi aussi. »
« Alors on y va. »
« Attends ! J'ai pas de sous, on est mineurs, et maman voudra certainement pas. »
Maman ... Ca faisait bizarre à Tom qu'on parle de SA maman comme ça. Il n'était pas habitué. Ca l'enchantait autant que ça lui déplaisait, à vrai dire.
« T'inquiète c'est pas un problème. » répondit-il quelque peu froidement.
Ils prirent le RER jusqu'à Châtelet, les pierceurs pullulaient.
« Salut Erwan. » lança Tom.
« Tiens, salut la chose. Hey ! La classe. » fit-il en frictionnant les nouveaux cheveux de Tom.
« T'as vu... dis, j'aimerais te demander quelque chose ... »
« Piercing labret, c'est ça ? »
« Oui ... Plus ... Plus ? Tu veux quoi comme piercing Bill ? » demanda Tom en espagnol.
« Langue...et arcade » répondit timidement Bill.
« Heu ... »
« Langue et arcade » traduit Tom.
Après quelques minutes de négociations difficiles, Tom obtint finalement gain de cause. Erwan leur faisait leurs piercings, gratuitement de surcroît. Mais, sa mère ne devait jamais être au courant d'où ils les auraient obtenus. C'est bon, c'était cool comme marché. Ca serait Bill qui y passerait en premier. Erwan tenta de le détendre, car malgré tout, un piercing c'était excitant mais terriblement stressant. Surtout la première fois. Comme beaucoup de premières fois, à y réfléchir rapidement.
« Dis, ton frère t'as raconté notre petite histoire à nous deux ? » fit Erwan dans un espagnol approximatif mais compréhensible.
« NON ! » le coupa Tom directement.
« Non ... » approuva Bill. « Mais je veux bien la connaître ...Et vous pouvez parler en Français, je comprends assez bien ... Par contre, comment est ce que vous savez qu'on est frères ? »
« J'ai moi aussi un jumeau qui a un look extrêmement diffèrent du mien. Et aussi, Simone m'avait fait certaines confidences ... Pour Tom, c'est une très langue histoire. Longue pardon. »
« AHAHA MDR XD LOL ! Tu m'dis quand faut rire, Erwan please ... »
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*Ouais ouais, j'me suis trompée T_T J'aurais du relire au lieu de poster en vitesse >< En tout cas merci de me l'avoir fait remarquer XD
Bon, je sais, kle coup de "langue" à la place de "longue" c'est légèrement, beaucoup énormément très MERDIQUE T_T Mais j'avais envie de le faire et si ça plait pas je vous merde tous wow
Ou plutôt ... prenez vous-en à SexGott ... (NON, PAS TOM. Il n'a rien fait le pauvre wow. SexGott, c'est aussi le surnom de mon meilleur ami ... et ça depuis qu'il a 11 ans XD [sachant qu'il en a actuellement 17, 18 dans quelques mois U_U] Et ce con me fait bien évidemment, des blagues foireuses TT__TT Genre celle là. En plus, j'ai appris hier a une heure du matin que j'avais des putains d'exos de SSS à faire, plus un contrôle toujours en SSS T_T Plus un en Maths TTT____TTT)
C'était ce qu'on peut appeler une superbe parenthèse XD
Je mets les parties assez vite oui ... mais je vous avoue que je n'ai pas l'impression que ça plaise vraiment, Tom et Bill petit. Moi, j'ai adoré écrire cette partie mais bon. La première partie s'achèvera avec cette préadolescence des jumeaux, et au chapitre 19 (il me semble avoir dit 17 précédemment ...) La deuxième débutera à partir de leurs 17 ans.
Donc, la prochaine fois que je poseterai un article, ça erra certainement la fin de la partie 1.
Pupuce : Je sais pas si j'aurais le temps pur le super RTL T_T A la limite, j'le fais à midi =)
Kisous