Je rêvasse furtivement à mon ancienne vie. Celle que j'avais avant. Mon look, qu'on disait "spécial", mon visage "mignon"... même si je ne pensais rien de tout cela.
Et me voilà, pour la énième fois dans cette chambre. Cette chambre je ne la connais pas mais pourtant au fond, je la connais quand même. Les chambres ici, elles se ressemblent toutes. Donc je la connais, non ?
Je donnerais n'importe quoi pour être ailleurs, pour avoir une autre vie.
Les humains se plaignent constamment, sans savoir qu'il existe toujours pire ailleurs. Moi j'étais comme ça avant. Un mauvaise note ? Je me plaignais. Un problème avec un ami ? Je me plaignais. Quelque chose que je n'aimais pas au repas ? Je me plaignais. Qu'est ce que je pouvais être stupide. En quelques mois seulement, ma vie a basculée. Pourquoi ? Je me le demande encore.
La blancheur des murs dans laquelle je me trouve me dégoûte, tant de blancheur pour un lieu qui ne représente rien d'autre que la souffrance, c'est insupportable pour moi. Même si je suis habituée à ce lieu, et que dans quelques heures j'en serai sortie, rester ici m'insupportait toujours autant.
Comme je l'avais prédit, quelques heures ont passées, mon meilleur ami est revenu de son rendez-vous et je m'apprête à partir en direction d'un autre endroit. La fiole est arrivée à terme, plus aucune goutte ne passe à travers mon bras l'infirmière la décroche donc et écarte le trépied de mon lit.
-Bien, je vois que tu supportes mieux maintenant. Sais-tu quand nous te reverrons ?
-Je ne sais pas, Catherine doit me dire ça mais elle n'est toujours pas venue.
-D'accord. Je vais aller la bouger un peu pour que tu puisses sortir et ne pas être en retard à ton rendez-vous.
-Merci beaucoup, Marine.
En guise de réponse, cette dernière m'adressa un sourire puis sortit.
Quelques minutes plus tard, une deuxième infirmière, Catherine entre en me disant que je peux à présent sortir. De toute façon j'irai pas très loin.
Matthieu prend mon sac puis on commence à descendre l'escalier. Une fois en bas, on prend la direction des ascenseurs quand une voix venant de derrière nous interpelle
-Excusez moi ... savez vous où se trouve le bureau du Docteur Azarcht ?
C'est moi qui lui répondis, « Vous n'avez qu'à nous suivre, on y va là ».
Les deux garçons marchent donc silencieusement derrière nous. Pour ma part, un élan de tristesse m'envahit. Je ne sais pas pour qui de ces deux garçons est le rendez-vous mais j'ai de la peine par avance pour lui. Ils ne connaissent pas le bureau du Docteur Azarcht, ce qui veut dire que c'est leur première consultation et voir un cancérologue n'est jamais de bonne augure.
Je m'assis à ma place habituelle, à côté de la fenêtre, ça me d étendait avant chaque consultation. Les deux garçons, eux, s'assoient en face de nous et parlent entre eux dans une langue que je comprends, vu que c'est ma première langue vivante : l'Allemand. Je ne m'intéresse pas plus que ça à leur conversation, déjà parce que ça me fait chier et aussi parce que s'ils parlent en Allemand dans un pays qui n'est pas l'Allemagne, c'est qu'ils ne veulent pas être compris. Je pense cependant deviner pour qui est la consultation. Les expressions corporelles ne mentent pas. Les deux ont l'air stressés mais un en particulier. En l'espace de dix minutes il a changé le sens du croisement de ses jambes cinq fois, il s'est passé je ne sais combien de fois la main dans les cheveux, et je ne compte également plus le nombre de fois où il s'est mordu la lèvre inférieure.
La secrétaire me tire de mes rêveries en annonçant le nom de la prochaine personne : « Bill Kaulitz » Je vois une lueur d'inquiétude briller dans les yeux des deux adolescents et je sais qu'à ce moment précis il faut beaucoup de courage pour se lever et se diriger dans la pièce indiquée.
Quel âge ont-ils ? Je ne sais pas, je dirais autour de 16 ans. Peut être un peu plus mais pas moins. Je pense qu'ils sont frères, certains de leurs traits se ressemblent malgré leurs différences flagrantes au niveau de leurs cheveux et de leurs vêtements. Par contre je n'arrive pas à déterminer lequel est l'aîné.
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Chapitre un peu court, je garde le POV pour la prochaine fois, NIARK !
