CHAP 22 JUSTE EN DESSOUS.
Je préviens dès que je peux, je viens juste de poster en coup de vent
Chapitre 21« Pourquoi tu dis ça ? »
« Il ... crois moi ... c'est mon père. Et je sais à quel point c'est un connard. Même si ça me fait honte de l'avouer. »
« Si tu ne me dis pas pourquoi Gustav ... »
« Il profite de toi. De ta jeunesse, de ton corps qui lui plait. Tu DOIS le quitter Bill. Je te jure que c'est pour toi que je dis ça. »
Toute cette conversation se passait à voix basse. Gustav se doutait que son père devait se trouver derrière la porte, craignant une éventuelle tromperie. La musique était évidemment un subterfuge.
« Gustav ... ? »
« Je comprends pas les radians, là. » feinta Gustav à voix haute.
Un blanc se marqua. Bill décida de rentrer dans son jeu.
« Attends deux secondes je regarde. »
Il laissa passer quelques instants, puis prononça :
« Ecoute, t'essayes de me faire cet exercice là, et puis comme ça on voit ce qui va pas ...et comme ça on peut causer. » acheva-t-il à voix basse. « Alors ? » continua-t-il. « Donne moi une raison valable de quitter ton père. En plus pourquoi tu te manifestes maintenant, je peux savoir ? »
« Bill ... » soupira le jeune blond. « Je ... quand mon père m'a annoncé qu'il s'était maqué avec un gars, et en plus un gars qui était carrément plus jeune que moi, j'ai été carrément choqué. Mais je m'y suis fait. Mais ... c'est mon père et je le connais. Crois moi il profite de toi. Et je t'en cause maintenant parce que c'est la première fois que je te vois te rebiffer. »
« Ecoute ... A part le fait que tu le connaisses, t'as rien comme argument. »
Gustav se mordit la lèvre. Il n'allait tout de même pas lui montrer la lettre qu'on lui avait adressée il y a de ça à peine quelques mois ... Non, s'il arrivait à convaincre Bill de quitter son père sans, ça serait bénéfique pour tout le monde ...
« Je vais t'avouer quelque chose. » déclara Bill « Karen ... Karen sort avec mon frère. Et elle lui a avoué que son oncle la violait avant, et toujours maintenant. Directement, j'avoue avoir pensé à ton père ... mais je n'ai pas pensé à l'éventualité qu'elle ait d'autres oncles...c'est ça qui m'a fait douter. »
« D'autres oncles hein ... »
« Oui. »
« Karen a effectivement d'autres oncles. »
« Tu vois ... mais ... t'as pas l'air choqué ! »
« Je le suis pas. »
« Mais c'est affreux ! »
« OUI !! » hurla soudainement son homologue.
Aussi sec, ils entendirent toquer à la porte. Gustav envoya chier son père violemment, puis reprit sa discussion avec Bill.
« T'en as causé à Karen ? Du fait que tu croyais sortir avec un violeur de jeunes filles ? »
« Oui ... je lui ai avoué ... Elle m'a dit que je devais le quitter absolument. »
« Et elle a raison ... »
« Mais puisqu'elle a plusieurs oncles ! »
« Mais Bill putain ! Tu croyais toi-même qu'elle avait qu'un seul oncle ... Elle m'a parlé de toi tu sais, elle m'a causé de ce fameux jour où lui et elle t'ont rencontré par hasard, elle le SAIT que tu n'en as rencontré qu'un, y'avait AUCUNE méprise possible sur la personne, quand elle te demandait de quitter son oncle, elle parlait bien de mon père ! »
« Je ... non c'est ... »
Bill était pommé. Effectivement ... Il n'avait jamais rencontré aucun autre oncle de Karen. Et la jeune fille le savait. Gustav devait avoir raison ... Gustav AVAIT raison...
« Putain ... j'voulais pas te la montrer mais tiens ! » cracha Gustav en jetant une lettre sur les jambes croisées en tailleur de l'androgyne, pensant à tort qu'il n'avait pas le choix.
Chapitre 22Gustav. Tu sais, je ne sais pas très bien pourquoi je t'écris cette lettre ... J'ai comme le besoin de me confier, de me libérer ... Je sais que tu n'es pas la bonne personne, que ce que je vais te dire va te blesser ... Mais quelque part ... C'est bien pour toi, de l'apprendre ...
On a toujours été très proche, toi et moi. Tu te souviens, quand on était petits et que je venais dormir chez toi ... En pleine nuit je venais dans ta chambre, en te demandant si je pouvais dormir avec toi ... Même si tu grognais parfois, tu acceptais toujours. Et à chaque fois, ça me faisait tellement de bien ... Tu ne le savais pas, et tu ne le sais pas encore, mais à chaque fois que tu m'autorisais à venir dans ton lit et que j'avais le droit de poser la tête sur ton dos, ou même qu'en me réveillant je me retrouvais dans tes bras, j'étais tellement heureuse, atténuée de mes souffrances ...
Je sais que tu ne dois rien comprendre à ces histoires de souffrance ... Je sais aussi que je risque de perdre ton affection, car tu risques de ne pas croire ce que je vais t'avouer.
Tu sais, je me souviendrais toute ma vie d'une date en particulier. Le jour de mes 6 ans. Le 11 Août 1995 ... Ce jour là restera un des plus douloureux de ma vie, même si je ne sais pas ce que je vivrai plus tard ...
Ce jour là, ton père m'a touchée ... Il m'a touchée, et m'a obligée à le toucher. Je m'épargne les détails, comme je te les épargne à toi. Je sais que ça doit être dur d'entendre ça à propos de son père, mais Gustav, je t'en supplie crois moi ... ce que je dis, et tout ce que je vais continuer à te dire est vrai, plus véridique que n'importe quoi ...
Cette fois ... Ca n'a pas été la seule. Il a continué, et ma vie devenait un cauchemar. Je me sentais mourir petit à petit, sans pour autant vraiment tomber dans cette mort qui semblait me narguer. En 2001, quelque chose a changé. En 2001, je suis partie me poser dans le parc en face de chez moi, comme j'en avais souvent l'habitude. Ce parc est très beau. J'avais l'habitude d'y aller, et de laisser libre court à mes larmes, allongée dans l'herbe. J'écoutais tout ce qui se passait autour de moi. La nature, comme les gens. Et puis, comme dans un film, je me suis relevée lentement et j'ai ouvert mes yeux remplis de larmes. La première chose que j'ai vu, c'est un groupe de jeunes garçons en uniformes dont j'avais entendu les rires. Et sans que je ne sache réellement pourquoi, l'un d'eux a posé son regard sur moi. Et dès qu'il m'a vue, son sourire s'est effacé. Il n'y avait rien de méprisant dans son regard, aucune trace de pitié, juste de l'incompréhension. Je me suis levée très vite, et je suis rentrée chez moi. Et un jour où j'étais de nouveau au parc, j'ai senti une ombre près de moi Le même jeune garçon en uniforme se tenait au dessus de moi et me fixait. C'était la deuxième fois de ma vie où je voyais Tom ...
Il s'est simplement assis à côté de moi, et a commencé à me poser des questions, me demandant pourquoi je pleurais. Bien sûr je ne lui ai pas répondu. Et il n'a pas insisté. Il était déjà tellement mature, tu sais ...Quoi qu'il en soit, il a insisté pour qu'on garde le contact. Moi, au début je ne voulais pas. Car oui, c'était la première fois de ma vie qu'un garçon me plaisait, même simplement en tant qu'amis. Car les hommes mais même les garçons m'effrayaient. Et j'aurais largement préféré ne plus jamais le revoir, plutôt que de revoir aussi souvent qu'il le voulait ce garçon qui a fini par faire battre mon c½ur plus rapidement. Alors qu'à côté j'avais quelqu'un qui me faisait plus de mal que n'importe qui... J'aurais préféré ... au début. Je ne sais pas si tu me comprends ... j'ai du mal à poser mes mots. Bref, la suite, tu la connais. C'est deux ans plus tard qu'il m'a demandé de sortir avec lui ... Jamais je n'aurais cru ça. Dans mon esprit, j'étais tellement sale, tellement peu désirable ... même dans notre amitié ça me gênait. Etre en présence d'un jeune garçon tellement mignon, moi qui me sentais si laide ... j'avais l'impression d'être tellement inférieure ...
D'ailleurs tu sais ... lorsqu'il m'a demandé de sortir avec lui, j'ai refusé d'abord ... Il a tellement insisté qu'il a réussi à me faire avouer mon passé ... mais pas mon présent ... Car oui, même si ma vie a changé en 2001 en rencontrant Tom, puis en 2003 lorsque nous avons commencé à sortir ensemble ... je subissais toujours ce qu'il me faisait ... ton père. Mais je ne l'ai jamais dit à Tom. Je pense que ça lui ferait trop de mal ... même si ... en ne faisant rien avec lui, je sais qu'il ne comprend pas et qu'il se pose des questions ... je ne peux pas...
Mais toi, Gustav. Toi, même si je ne t'ai jamais parlé de ça auparavant ... il fallait que je le fasse. D'une part pour que tu saches qui est réellement ton père, même si ça fait mal, et d'autre part car je te considère un peu comme mon meilleur ami, toi dont je n'ai jamais eu peur, le seul garçon ...
Mais je ne veux pas me voiler la face, une des principales raisons est que je n'arrive plus à vivre dans le silence, que j'avais besoin de me confier ...
J'espère sincèrement que tu me croiras ...
Je t'embrasse.
Karen.
Chapitre 23« Je ... »
Bill ne savait pas quoi dire. Il sentait simplement son c½ur transpercé de part en part souffrir. Et cette fois, même Tom ne pourrait rien y faire.
« Je ... » répéta-t-il.
« Oui. Rentre chez toi. » approuva Gustav dans un sourire.
« Mais ... Et toi ? Tu ne peux pas rester avec lui ... »
« Ca fait quelques mois déjà que je suis au courant ... mais je savais pas comment te prendre pour te le dire. Ecoute on se cause sur MSN ok ? »
« D'accord ... merci. Gustav ? »
« Hm ? »
« Comment tu fais... Pour supporter... ça ? »
« Je rentre, je bouffe et je me tire dans ma chambre. Sinon, je supporte pas. » sourit-il.
Bill se leva, adressa un dernier sourire à Gustav, et poussa lentement la porte, comme s'il redoutait ce qui se tapissait derrière. Il avança, l'air naturel, et lança :
« Tom a appelé, je dois absolument rentrer ... un souci avec notre mère. »
« ... d'accord. »
Bill se dirigea vers la porte d'entrée et tira le verrou, mais tressaillit lorsqu'il sentit les mains de Mikaël glisser doucement sur ses épaules.
« Tu ne m'embrasses pas ? » murmura ce dernier à l'oreille de Bill.
« Si ... si, si ... »
Jamais Bill ne fut aussi dégoûté par quelque chose. Il n'avait qu'une envie : le repousser de toutes ses forces en priant pour qu'il s'éclate la tête. Mais il ne le fit pas. Mieux valait pour tout le monde de ne rien dire.
Ce soir là, Bill ne rentra même pas chez lui. Il avait erré pendant longtemps, allant de ci et là, ne vouant pourtant pas un grand intérêt aux choses qui s'offraient à lui. Il s'était souvent posé cette question : « Pourquoi moi ? ». « Et pourquoi pas toi ? » ne cessait de lui répéter une petite voix omniprésente dans son esprit. Cette même voix qui le poussait à se faire du mal ; Tout le temps. Une autre question était étrangement présente dans son esprit. « Suis-je homosexuel ? » Il faut dire que son premier Amour, ça avait été Mikaël ... Pas très précoce, oui ... Tom, lui, ça faisait quatre ans qu'il était casé, et avec une fille formidable. Lui, il s'était maqué avec un homme deux fois plus vieux que lui, et pédophile de surcroît. Franchement ... Ce complexe vis-à-vis de Tom, il était vraiment pas injustifié.
Réfléchissant à tout cela, il alla se poser dans un énième parc, et s'assit dans l'herbe. Il s'abandonna à l'herbe humide, son Ipod dans les oreilles. Il cliqua au hasard et tomba sur sa chanson. « I don't wanna miss a thing. » Elle était tellement belle à ses yeux ... inconsciemment il se mit à fredonner le refrain. Les larmes coulaient au fur et à mesure que les mots s'échappaient de sa bouche, et ça faisait un bien fou. Tellement qu'il n'avait même pas senti qu'on s'était assis derrière lui.
« Tu chantes très bien ... » murmura une voix entre l'homme et l'enfant derrière lui
Bill sursauta vivement et se retourna pour voir d'où venait la voix.
« Désolé ... je ne voulais vraiment pas te faire peur. »
Un ange. Ce gars ressemblait à un ange. Soit s'en était un, soit il était tombé d'un rêve. Il portait un jean noir surarmé d'un pull rayé noir et blanc dénudant ses épaules, mais Bill était à mille lieux de voir ça, à l'instant. Tout ce qu'il voyait, c'était son visage si spécial, avec ces cheveux si spéciaux, mais surtout ce regard si spécial. Vert, transperçant, cerné très légèrement à l'aide d'un trait de crayon et d'eye-liner. Son visage ... Il était fin, mais un tatouage venait troubler Bill. Une sorte d'étoile en dessous de l'½il, légèrement décalée vers la tempe. Ses cheveux ... ils étaient tellement attractifs que Bill rêvait de les toucher. Blonds, méchés de noir et de blanc, coiffés en brosse un peu n'importe comment lui donnant un air sauvageon, avec une petite frange partant sur le côté. Ce n'est que bien plus tard qu'il réalisa que, potentiellement, il était en train d'admirer un ange et que, réellement, il avait l'air d'un con en mode bug devant un garçon.
« Ah euh ... pardon. » s'exclama simplement Bill en rougissant.
« De quoi ? » sembla s'étonner le bel inconnu.
Bill ne répondit rien. Il retourna simplement à sa position initiale et ferma les yeux à nouveau.
« Qu'est ce qu'un garçon comme toi fait au beau milieu de la nuit dans un parc, seul, à chanter une chanson aussi triste ? »
« Qu'est ce que c'est seulement, un garçon comme moi ? » prononça Bill pour lui-même.
« Je dirai un garçon triste. »
« Ouais ... mais à part ça, qu'est ce que je suis ...bon ça suffit. » coupa-t-il finalement court
En son fort intérieur, Bill se dit que ça avait un air de ressemblance avec la rencontre entre Tom et Karen ...
Mais il ne voulait pas y penser. Ca risquait de lui donner de faux espoirs.
Le jeune blond s'était relevé, semblant attendre quelque chose. Mais quoi ? Finalement, il se rassit derrière Bill, et l'observa. Bill le sentait. Et il en ressortait une profonde gêne. Il n'aimait pas du tout être détaillé de la sorte. Il finit par rouvrir des yeux perçants, se retourna, et lâcha méchamment :
« Quoi ?! »
Pour toute réponse, le blond sourit. Bill n'aimait pas ça non plus. Ce garçon ressemblait fort aux apparitions pour le moins charismatiques auxquelles il n'avait jamais cru qu'on dénombrait dans certains livres ou films.
« Je t'attends moi ! » proféra soudain la voix à ses côtés.
Une énième fois, il rouvrit ses yeux et le fixa.
« Je peux savoir pour quoi tu m'attends ? »
« J'attends que tu causes ! »
« Et de quoi, et pourquoi je causerai ! » rétorqua Bill sur le même ton.
Encore une fois, le jeune homme le regarda comme si sa question était évidente, la tête penchée sur le côté comme les enfants ou certains jeunes chiots.
« Parce que ça fait du bien. » fut sa seule réponse.
Ah bon ? Il n'en savait rien après tout. Il avait toujours laissé présumer à son frère que tout allait bien dans le meilleur des mondes concernant sa vie, et de ce fait avait pris l'habitude de ne se confier à personne.
« Allez ... Bill ? J'te jure ça fait du bien ... »
Bill ? Avait-il rêvé, ou ce garçon l'avait bel et bien appelé par son prénom ?
« Comment tu connais mon prénom ?? » s'inquiéta-t-il
Le petit jeune blond hésita, puis prononça d'une voix caverneuse :
« Je suis ... un poltergeist ... Je sais touuuuuuuuuut ! » termina-t-il en rigolant.
Bill, quant à lui, afficha une mine horrifiée. Ce garçon commençait vraiment à lui faire peur. Son homologue leva les bras et roula des yeux, puis démontra son sac :
« « Bill ... Boquet ! » c'est assez instructif. »
Bill avisa son sac. Effectivement, son eastpack était retourné, et on pouvait y voir les délires d'une extrême intelligence procréés par son frère. Dont celui là. Il souffla de soulagement. Dire qu'il avait réellement eu peur ...
Par la suite, Bill céda aux caprices du jeune inconnu. Et il lui raconta tout. Il s'estimait complètement aliéné de raconter de telles choses à un inconnu, mais ce regard plus doux que celui d'une plume à chacune de ses paroles ne l'encourageait que d'avantage à continuer.
« C'est bien que t'aies quitté cet homme ... Ca t'aidera à affronter l'anorexie et la mutilation. Régler un problème est toujours bénéfique pour régler les autres problèmes, même s'ils sont indépendants les uns des autres ... et puis tu sais, tu trouveras un jour une personne qui pourra t'épauler et te soutenir ... même si elle n'atteindra jamais le niveau de ton frère, sois-en conscient. »
Bill cogita quelques secondes sur ce qu'il venait de dire. Il avait raison. Arrêter l'anorexie par exemple, signifierait une approche certaine dans l'acceptation de son corps. Et donc une avancée en ce qui concerne les causes de la mutilation ...
« T'es de bon conseil. D'ailleurs, tu t'appelles ... ? »
Un sourire étendit les fines lèvres lui faisant face, et laissèrent échapper :
« Un jour peut-être on se retrouvera, et je te le dirai ... »
Sur ce, il se leva et quitta le parc, laissant Bill plus sur le cul qu'il ne l'était avant, avec son incompréhension massive trahie sur son visage.
Il Avait toujours eu l'impression d'attendre quelqu'un. Et l'angoisse de passer à côté de cette personne était toujours présente en lui.
Venait-il de la trouver ?
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Ce chapitre est un peu plus long que d'habitude non?
Bon, je m'éternise pas... Sinon je sais que quelqu'un qui va devoir aller dormir n'aura pas le temps de lire XD
Bisous à toutes (et tous, bande de connards d'abrutis è_é [non non je ne vise absolument personne...])